Mais pas complètement, et pendant un temps on pouvait encore le rencontrer, errant sur les chemins du monde, indécis et bougon.
Si bougon et insatisfait de son sort que lorsque je l'ai rencontré, une de ses deux parties s'était atrophiée. Celle qui restait avait les deux pieds bien ancrés dans la terre et menaçait ceux qu'elle ne connaissait pas avec un fusil. Elle ne me connaissait pas...
Une fois qu'elle vous avait en joue, elle vous racontait son histoire,
et c'est cette histoire que je me propose de partager avec vous :

Un héros pour sa mère, une femme-rat, qu'il avait un jour délivrée de la cavalcade furieuse d'un éléphant sauvage.
Pour le remercier elle lui avait accordée sa main. Ils emménagèrent en ville, la mère dissimulait ses grandes oreilles sous un haut de forme et le père avait ouvert un petit commerce de glacier. Les premiers temps, le bonheur, et un premier enfant.

Mais....les bêtes sauvages n'avaient pas oublier quel grand chasseur avait été le père.
Elles réunirent un conseil pour décider d'une vengeance!
Elles confièrent les clefs de la ville au plus venimeux des serpents. Il grimpa facilement au premier étage de la maison du chasseur et de la femme-rat, pénétra dans la chambre à coucher, grimpa dans le berceau... et planta ses deux crocs dans la chair tendre du petit bébé.
Entendant les pleurs de son fils, la mère bondit dans la chambre et de ses puissantes incisives de rongeur déchira les écailles du serpent, lui arrachant la nuque. hélas, dans le corps du bébé, le venin faisait son oeuvre et on le déclara mort.Fou de douleur le père accusa la mère d'avoir déchaîné la colère des serpents, inventant pour se justifier une guerre ancestrale que les rats auraient provoqués en dérobant les oeufs des serpents.
La jeune femme, qui écoutait son mari, culpabilisa beaucoup.
Plus besoin de cacher ses oreilles sous un haut de forme, elle ne sortait plus.
Mais la nouvelle arriva jusqu'aux oreilles du ministère des hommes rats, qui ne pouvaient pas laisser passer ça.
La mère fut défendue par un grand orateur rat, qui produisit de sous ses robes le bébé au moment opportun, comme indiqué dans tous les bons traités de rhétorique comme étant le meilleur effet pour jouer sur l'affection des foules. On imagine que le coup n'est pas facile à placer, mais quel effet lorsqu'il est réussi !Et c'est ainsi que ce grand orateur rat réussi à rabibocher notre couple malheureux.
Notre bébé grandit donc avec un père et une mère unis, ce qui ne l’empêcha pas de se séparer lui-même, à l'adolescence, comme raconté plus haut.





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